Je m'appelle Mieko, je suis japonaise.
Avec ma soeur jumelle, nous sommes les cadettes d'une fratrie de cinq enfants.
Notre mère aime à raconter que le jour de notre naissance, le 9 septembre de l'an 12 de l'ère Shôwa (1937), une terrible tempête faisait rage. Le tonnerre grondait, la pluie battait les tuiles sans relâche tandis que le vent s'essayait à les soulever avec une force inimaginable. Le bruit était terrible, couvrant les gémissements qu'okasa avait du mal à réprimer, et le ciel, d'un noir d'encre alors que nous n'étions qu'en début d'après-midi, évoquait l'entremêlement de kanjis mille fois calligraphiés sur le même papier.
La délivrance de notre mère correspondit avec la fin des tourmentes du ciel. Je naquis en premier, puis ma soeur. Et tandis que nous reposions dans nos berceaux côte à côte, un rayon de soleil traversa les panneaux et vint nous éclairer de sa douce lumière. C'est pourquoi l'on nous nomma respectivement Mieko, enfant lumineux, et Mitsuko, enfant de lumière.
Notre famille a toujours été vivante et gaie, la maison comme animée d'un esprit sans cesse en éveil. Depuis bientôt huit ans que nous arpentons les rues de Tokiwamachi, une petite ville tranquille située dans la préfecture de Nagasaki, nous n'avons jamais manqué d'amour ni d'éducation.
Nous ne pouvions malheureusement pas en dire autant de nos réserves de nourriture ou de vêtements. La fameuse tempête annonçait également le début des hostilités chinoises contre notre pays, et nous nous étions retrouvées plongées dans la vie au même moment qu'une guerre dont nous étions trop jeunes pour en comprendre les tenants et les aboutissants. Petit à petit, les américains constituèrent une menace grandissante. Ils devinrent nos ennemis, au même titre que les chinois.
Sans cesse, je levais les yeux vers le ciel. Quand j'arrivais à attraper du regard un avion rouge et blanc en chemin pour combattre, mon coeur se gonflait de fierté et dans un muet salut, je me disais que moi aussi quand je serai grande je partirai défendre mon pays et ses couleurs.
Ce matin-là n'était pas comme les autres matins. La chaleur du mois d'août était suffocante, et la peur presque palpable dans les rues. Nos parents ne nous avaient rien dit pour ne pas nous inquiéter, mais Mitsuko et moi-même sentions qu'une chose terrible s'était produite. Cela faisait trois jours qu'ils ne dormaient plus, que nous avions l'interdiction de sortir. A 11 heures, nous trompions notre ennui assises dans le petit jardin intérieur, imaginant des créatures fantastiques dans les nuages.
C'est alors que vint la lumière.
Instinctivement, je tournai la tête en direction du souffle brûlant.
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Le petit (1) dans le titre laisse présager non pas une suite, mais des histoires parallèles.
Le même personnage mais à des époques / dans des mondes différents
Après le réalisme, j'aimerais écrire dans le style "fantasy en Chine" ^^ j'ai besoin d'idées !!
D'après vous, de quelles manières pourrais-je mettre en scène cette enfant ?